Recenties

Roelofje van Opzeeland: Deplacement Des Silhouettes

Né à Arnem en 1942 Roelofje van Opzeeland après des études d’arts est devenu – contraintes économiques aidant – radiologiste puis psychothérapeute avant de revenir en 1996 à son art « premier ». Peintre instinctif mais doué d’une solide formation plastique l’artiste hollandais est intéressée avant tout par la figuration humaine. Il lui fait subir une sértie de déplacements, de transpositions voire d’effacements au sein de mises en distance par des jeux de couleurs tendres empreintes d’un effet de nostalgie et d’onirisme.

L’artiste renouvelle le regard du lieu et du foyer de l’être. L’hier à peine perceptible surgit dans un effacement qui devient une autre clarté. Cette dernière frappe à la vitre de la chimère avant de revenir en grands rayons sur le réel sans que sa représentation nous rende complètement au monde. Roelofje van Opzeeland ose cette sensation. Elle donne une forme à l’être mais de manière qu’il échappe au réel dans sa trivialité. Et la représentation passe par diverses phases. Elle a parfois touché une sorte de géométrisme chère à une peinture hollandaise mais cela n’est qu’anecdote. Car le plus souvent le peintre crée une autre forme d’alchimie. Contre le referment sur soi et l’angoisse demeure l’érection d’apparitions étonnantes et paradoxales. Le portrait, la silhouette ne se donnent pas facilement à voir. Il faut aller les chercher à travers les lignes et les couleurs dans une forme de distance loin des programmes hâtifs que la peinture du temps offre trop souvent.

Face à l’optimisme béat de la figuration comme face aux paliers de l’enfouissement de l’être surgit un éclat étrange. La matière couleur biffe les détails négligeables pour le restituer. Elle resserre l’essentiel de la vie, du besoin d’absolu. L’artiste crée à la fois le déplacement de l’être et sa fouille identitaire. Face à une l’humanité spongieuse, pâteuse, sur l’écume des couleurs se tissent corps et visages à la fois dessus dessous. Ils semblent traverser le cœur des brumes comme ils s’inscrivent  – dans la statuaire de l’artiste –  sur la rudesse de la pierre.

Le travail engage bien sûr au rêve mais il reste très sensorielle. Il parle un désir, donne un baiser au lépreux ou au voyeur. L’image s’ouvre sur une visibilité paradoxale. Des poches d’ombre que Roelofje van Opzeeland efface, se soulève une source ultime d’aurore. L’être émerge sur la berge du monde comme un présage inattendu.  Les silhouettes ébauchées s’y cachent encore. Reste juste l’essentiel dans un froissement de lumière. Chaque figure déclenche ou ramène à la fameuse question de Mallarmé “N’es-tu entre nous que là-bas, de toi ne serais-je qu’ici même ?”. Et le peintre revient à l’histoire du labyrinthe de l’être pour tenter d’en dégager le chaos afin que l’on retrouve un ordre essentiel. En une telle initiation cette ordre échappe mais il insiste. Il est bien là, sous-jacent.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d’une vingtaine d’ouvrages et collabore à plusieurs revues.

Roelofje Van Opzeeland

De uitgelezen en intens kleurrijke schilderijen van  Roelofje Van Opzeeland hebben een achtergrond die welhaast doorlichtend transparant is. Hieruit komen vormen, omtrekken en suggesties naar voren van figuren, die de kijker naar eigen inzicht kan interpreteren. Vormen zijn goed geplaatst, goed doordacht en het resultaat van een meesterlijke techniek die voortkomt uit dagelijks gepassioneerd en toegewijd werk. Haar kunst is zowel verhalend als lyrisch, intens van kleur en vorm op basis van een stevige, nauwkeurige opzet.

Roelofje kan niet worden aangemerkt als figuratief kunstenaar; dat zou van een beperkte visie getuigen. Zij is feitelijk heel veelzijdig; met een groot gevoel voor mens en cultuur drukt zij in haar werk hevige emoties uit, die in een sterke beeldtaal worden gecommuniceerd. De toeschouwer wordt meegevoerd met een mix van tijdloze schimmen, geplaatst in een waas van geheimen, een droomwereld, iets uit het verleden, maar ook van deze tijd.

Geplaatst voor haar veelzijdig oeuvre kan je zien, dat zij zich niet wil storen aan de strikte regels van de kunst, nog zich wil binden aan een specifieke expressieve beeldtaal, maar dat zij wil experimenteren met andere technieken die vaak dichter staan bij abstract dan bij figuratief.  Beeldtaal is voor Roelofje een taal waarin, door geleidelijk invoegen van figuratie, vormgeving, felle kleuren en rijke schilderachtige vlakken een beeld ontstaat van de emoties en herinneringen  die opwellen vanuit de kunstenaar en uit de hedendaagse werkelijkheid.

De dikke lagen kleurmengsels, de snelle streken die de vormen laten ontstaan, het ritme dat het kunstwerk doordrenkt, dat alles draagt bij aan het scheppen van een buitengewoon fascinerend resultaat , de achtergrond van een onthullende schilderkunstreis, vol van allerlei gevoelens en levendige emoties.

Wij kunnen niet anders dan geboeid worden door dit eclatante aspect van haar werk, dat ons een blik gunt in de persoonlijke innerlijke wereld van de kunstenaar en die ons ook verder brengt dan louter de esthetische interpretatie  naar spiritualiteit en ons uitnodigt tot de betoverende confrontatie, ook met ons eigen onderbewustzijn.

Paola Trevisan